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Union Pay Annonces La mythologie chinoise.

La Peinture sur papier de Moelle.
 

CaptureLongtemps connu sous le nom de peinture sur papier de riz, découvrez cette intéressante technique  caractéristique de la production de Canton...

 

Le nom de "papier de riz" encore en usage de nos jours, fut donné au 19ème siècle à une matière inconnue en occident à l’époque, et qui n’est pas à proprement parler du papier. Les Anglais ont donné à ce support le nom de papier de riz  car ils ont pensé qu'il était  fait à partir des tiges de riz ou même à partir du riz lui-même. Le papier de moelle n'a rien à voir  avec le vrai papier et rien à voir avec le riz.  Il est fait à partir de la moelle spongieuse des branches d'un petit  arbuste, le Tetrapanax Papyrifera, autrefois appelé Papyrifera de Fatsia, membre de la famille des Araliceae et qui se développe dans les collines du nord de Taiwan du sud de la Chine où il s'appelle parfois "Tung-tsaou", " kung-shu" », ou plante creuse.

Très peu utilisé dans le monde, Il a été principalement employé en Chine, comme papier pour la peinture à l'eau et dans la production des fleurs artificielles. Un atelier situé à  Madoura en Inde, l'a utilisé pour recouvrir des objets décoratifs à destination de l'Angleterre jusque dans les années 1950. Il est encore produit à Taiwan dans les années 1980 mais à très petite échelle.

On en trouve la trace pour la première fois à l'époque des Jin (265-420 Ap JC) dans une chronique Impériale où l'empereur ordonne à des serviteurs de faire des bouquets en fleurs en "Tung tsaou".

Il faut ensuite attendre 1590 pour qu'une représentation de la plante soit publiée dans Pen ts'ao kang mu (Chinese Materia Medica) par  Shizhen Li. Une autre représentation est publiée en 1634 dans le T'ien Kung K'ai Wu, un guide des technologies chinoises au 17ème siècle.

Dans la littérature occidentale, Georg Eberhard Rumpf en 1690, mentionne cette plante dans l' Herbarium Amboinenes sous le nom de  Buglossum litoreum.

Le premier exemplaire de la plante a été rapporté de Chine en Angleterre par le Dr Livingstone en 1805 mais c'est le botaniste allemand Karl Koch, dans Wochenschrift fur Gartnerei und Pflanzenkunde qui placera définitivement cette plante dans la famille des Didymopanax, subgenus Tetrapanaxen en 1859.

 

Le papier de moelle est blanc et doux, avec une surface veloutée. La partie employée réellement est la moelle des branches épaisses, coupée sur  des plantes sauvages ou cultivées.

Le procédé est le suivant : de préférence en  hiver et après trois ans de croissance, les branches sont coupées en longueurs entre 2.5 et 3 mètres et mises à tremper dans l'eau courante, où elles sont laissées pendant quelques jours. Ceci ramolli l'écorce et  facilite le travail pour enlever la moelle intérieure de la branche. L'eau est remplacée quotidiennement pour éviter les déformations et éviter les colorations.

Il y a plusieurs méthodes pour extraire la moelle. L'une d'entre elles consiste à la pousser dehors avec un bâton en bois. Une autre méthode consiste à découper soigneusement l'écorce externe.

La moelle doit être séchée avant qu'elle puisse être utilisée. Elle est placée dans des cylindres formés par des sections creuses de  bambous, afin de sécher en sections bien droites.  La moelle incorrectement sèche est décolorée et inutilisable pour la peinture.

Pour être  coupés en feuilles,  les bâtons de moelle sèche  sont mis sur support en laiton qui les maintiens de chaque coté. Une coupe est faite sur la longueur  de la moelle avec un couteau très tranchant. Ce large couteau est alors placé d'un bout à l'autre, de sorte qu'il s repose sur les bandes en laiton. Commençant par la coupe faite plus tôt, la moelle est alors tournée contre le couteau, qui découpe alors le cylindre en une longue bande. L'épluchage est continué jusqu'à ce que la moelle trop cassante de l'intérieur soit atteinte. Aucun autre séchage n'est nécessaire. Les bandes de moelle sont  alors stockés en piles  pour être aplaties et sont ensuite  coupées  en feuilles.

Les plus grandes  feuilles  ainsi obtenues et utilisées pour la peinture mesurent environ  35 x 20 cm.

Les feuilles de moelle sèches sont très  fragiles, mais une fois saturé avec de l'eau le matériau devient remarquablement flexible.

On ne sait pas vraiment, quand le papier de moelle a été utilisé pour  la première fois comme support pour la peinture.

Les premiers exemples de peinture sur moelle  apparaissent dans les ateliers cantonnais vers 1820.

Plusieurs musées datent leurs peintures sur "papier de riz" de la fin du 18ème siècle. Pourtant, les premiers document écrits concernent des albums achetés par le Kaiser Franz d'Autriche au consul anglais le général Watts en 1826 ou bien les 350 peintures achetés à Canton par un Comte italien en 1828 et qui ont été répertoriées à sa mort deux ans plus tard.

Sauf quelques rares  exceptions connues, ces peintures ne sont jamais signées mais on connait le nom de plusieurs ateliers qui les produisaient à Canton. Les plus réputés sont ceux  de Tinqua, Youqua et de Sunqua. Les ateliers ne signaient pas directement les peintures mais apposaient leur étiquette imprimée par un tampon rouge.

La texture très particulière du support rendait  les pigments très veloutés, et les couleurs très intenses. Le fait que ce support soit translucide  permettait de peintre des deux cotés de la feuille afin de donner plus de profondeur aux visages en particulier. Ceux ci sont renforcés d'une épaisse couche de blanc de plomb au revers de la feuille. Cette transparence  permettait aussi  l'esquisse des contours d’un motif existant, le peintre n’ayant plus qu’à utiliser son imagination pour combiner les éléments et colorer les scènes.


C'est ainsi que, dès les années 1850 et pour répondre à la forte demande occidentale,  furent élaborées des séries sur la « vie chinoise », comme la fabrication de la soie ou la culture de thé. Le thème des tortures eut un grand succès tout comme celui de la vie d'un jeune homme qu'on suit depuis sa naissance jusqu'au passage de ses examens puis jusqu'à sa mort. Il existe bien sur des représentations des personnages de la cour, des soldats,des acrobates, des fêtes de nouvel an ou des processions de mariage. Quelques très belles séries représentent l'Opéra de Pékin et ses riches costumes.

Il existe aussi des représentations d'insectes, de fleurs ou de poissons et coquillages ou de bateaux de la région de Canton.

Cependant, certains thèmes sont plus rares que d’autres comme une série sur le feu et les pompiers ou bien une série représentant des Chiliens dont on ne connait que très peu d'exemplaires.

La plupart du temps, les fonds son blancs car la porosité du support pouvait le faire gondoler. Il existe cependant de très belles séries représentant des vues des environs de Canton ou bien des

 

scènes complexes où les personnages sont représentés dans un intérieur.

Une fois choisies dans les ateliers de peinture Cantonais, ces peintures étaient  modestement fixées par des rubans  dans de petits albums reliés de soie destinées à les transporter aisément. Ces albums ne constituent pas des livres car les peintures sont trop fragiles pour qu'on tourne souvent les pages.


Des "papiers de riz sont présents dans de nombreux  musées à travers le monde comme le musée du Palais Royal à Madrid, l'Ashmolean, the British Museum, the Fitzwilliam, l' Hermitage, the Peabody/Essex Museum dans le Massachusetts et le Hong Kong Museum of Art.

 

Cristina Ortega

 

 

 

 

 

 

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